La visée en traduction

Quelques semaines avant de partir en résidence à Buenos Aires pour Un million de mantras, j’ai reçu un mail de Lucía Dorín : est-ce que j’accepterais de venir travailler autour de mes textes avec un atelier de traduction ? Comme Sirius et Bergstamm avaient déjà paru chez Paisanita Editora, on a choisi les poèmes de La visée.

Après mes deux semaines à réciter un mantra 24 heures sur 24 au temple du Furaibo, je suis arrivé au premier atelier dans un état d’ouverture et de disponibilité hors du commun : j’étais prêt à tout ! Ces jours passés à discuter chaque vers, chaque mot, avec sept traductrices d’horizons très différents, réunies par Lucía pour l’École d’Automne de Traduction Littéraire « Lucila Cordone » à l’Institut Lenguas Vivas, m’ont fait découvrir sous un autre jour ce recueil que je croyais connaître par cœur.

Un seul exemple des questions précises et pointues qu’on m’a posées : trajet, est-ce qu’il faut dire trayecto ou recorrido ? Est-ce qu’il faut insister sur la distance ou sur le parcours qu’on fait sien, la marche vécue ? Tout mon recueil tient dans cet écart : la visée, d’abord ligne sur une carte, devient une nuit que j’ai traversée, seul.

Durant cette semaine, j’ai aussi pris part à plusieurs conférences – les descriptifs sont dans la galerie ci-dessous –, dont deux grâce à des vidéos que j’ai enregistrées tard, le dernier soir, dans mon studio au dix-neuvième étage d’une tour du quartier de Palermo (j’ai aussi mis la vue dans la galerie !).

Merci à Angélica, Celeste, Emilia, Laura, Nancy, Sonia, Paula et, bien sûr, à Lucía pour cette émotion d’avoir entendu mes mots portés par votre argentin ! Je me réjouis de lire ce que vous aurez fait de mes poèmes et j’espère vraiment tenir un jour ce recueil en espagnol entre les mains !