Écrire des dialogues pour les romans, le théâtre et le cinéma

Le weekend des 4 et 5 avril, je donnerai un atelier autour des dialogues à l’Université populaire de Lausanne. Pour plus d’informations et pour les inscriptions, c’est par là!

Les dialogues sont la plupart du temps l’un des piliers du récit, qu’il s’agisse de roman, théâtre ou de cinéma. Mais leur écriture est complexe et il est particulièrement difficile de les rendre à la fois crédibles, vivants et utiles au déroulement de l’histoire.

Cet atelier vise d’une part à vous donner des outils pour améliorer des dialogues que vous auriez déjà écrits ou vous aider à en inventer de nouveaux et, d’autre part, à vous donner les codes propres à leur écriture pour le théâtre et le cinéma. Les dialogues d’une histoire ne sont pas les conversations de la vie, souvent monotones et répétitives. Les dialogues sont composés d’une sorte de demi-poésie qui leur donne un air réaliste. Les bons dialogues sont toujours plus intelligents, plus spirituels, plus métaphoriques et mieux argumentés que les conversations de la vie.

Le dialogue possède trois fonctions : l’exposition, la personnalisation et l’action. L’exposition correspond à la mise en place de l’histoire, des faits nécessaires. Vous pouvez les présenter de deux manières : à travers la description ou le dialogue. À peu près tout ce qui peut être exprimé en images décrites dans le récit peut être sous-entendu dans le dialogue. La deuxième fonction du dialogue est la personnalisation des personnages. Les écrivains fabriquent des personnages autour de deux parties appelées vraisemblance et personnalisation.

Un bon dialogue est tout d’abord un dialogue dont le ton est vraisemblable. Ouvrez grand vos oreilles et inspirez-vous de la vie : écoutez la manière dont s’expriment les gens, analysez leurs manières de penser et observez leurs tics de langage. Chaque personnage doit avoir une voix spécifique, chaque prise de parole répond à un besoin, engage une raison, réalise une action : la troisième fonction du dialogue. Aucun personnage ne parle aux autres ou à soi-même sans raison. Derrière chaque réplique, vous devez créer un désir, une intention et une action. Cette action devient ensuite cette tactique verbale qu’on appelle dialogue. Le dialogue, c’est ce que les personnages se font les uns aux autres avec des mots.

Photo © Christin Hume